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Néron et les émeraudes
| Regarder un combat de gladiateur si vous êtes myope, c’est difficile.
Surtout si en tant qu’empereur vous êtes l’arbitre du combat. Qu’importe !
Il y a une solution ...
Pline l’Ancien (23-79) dans son Histoire naturelle a tenté de rassembler
toutes les connaissances de son temps. Écoutons le parler des émeraudes :
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" Il n'est point de couleur plus agréable à l'œil que celle de l'émeraude. Car
quoique l'on prenne un grand plaisir à considérer la verdeur des herbes et des
feuilles, on en goûte infiniment davantage à contempler les émeraudes, parce
qu'il n'est pas de verdeur qui approche de la leur. De plus, elles sont les
seules pierres qui contentent la vue sans la lasser. Et même lorsque les yeux
sont affaiblis pour avoir regardé attentivement quelque chose, la vue d'une
émeraude les soulage et les fortifie. "
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L’empereur Néron qui était très myope portait donc un lorgnon d’émeraude pour
regarder les combats de gladiateur. On ne sait pas si la vue Néron s’en est
trouvée améliorée.
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La perle de Cléopatre
Comment dépenser dix millions de sesterces en un seul repas ? C’est
le pari fait par Cléopatre VII, reine d’Egypte avec Antoine
(ou Marc-Antoine). Pari reussi. Comment ? Pline, encore lui, raconte :
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" Au temps où Antoine se gavait journellement de mets choisis,
Cléopâtre, avec le dédain à la fois hautain et provoquant d'une
courtisane couronnée, dénigrait toute la somptuosité de ces apprêts.
Il lui demanda ce qui pouvait être ajouté à la magnificence de sa
table ; elle répondit qu'en un seul dîner elle engloutirait dix
millions de sesterces. Antoine était désireux d'apprendre comment,
sans croire la chose possible.
Ils firent donc un pari ;
le lendemain, jour de la décision, elle fit servir à Antoine un
dîner d'ailleurs somptueux (il ne fallait pas que ce jour fût
perdu) mais ordinaire. Antoine se moquait et demandait le compte
des dépenses. Ce n'était, assura-t-elle, qu'un à côté ; le dîner
coûterait le prix fixé et seule elle mangerait les dix millions
de sesterces. Elle ordonna d'apporter le second service.
Suivant ses instructions, les serviteurs ne placèrent devant
elle qu'un vase rempli d'un vinaigre dont la violente acidité
dissout les perles. Elle portait à ses oreilles les bijoux
extraordinaires, ce chef-d'oeuvre de la nature vraiment unique.
Alors qu'Antoine se demandait ce qu'elle allait faire, elle
détacha l'une des perles, la plongea dans le liquide et,
lorsqu'elle fut dissoute, l'avala. Elle se disposait à engloutir
l'autre de la même façon ; L. Plancus, arbitre de ce pari, mit
le holà et prononça qu'Antoine était le vaincu, présage qui
s'est accompli.
La célébrité ne fait pas défaut à la
perle jumelle ; après la capture de cette reine, sortie
victorieuse d'un débat si considérable, elle fut sciée, pour
que la moitié de leur dîner devînt deux pendants d'oreille pour
la Vénus du Panthéon, à Rome."
Pline l'Ancien, Histoire naturelle
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La perle de d’Elizabeth Taylor
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Elizabeth Taylor, qui fut Cléopatre dans un de ses films, a tenté de
reproduire les frasques de la célèbre reine mais avec beaucoup moins
de panache.
Richard Burton, son mari d’alors (qui jouait
Marc-Antoine dans le film), lui a offert une perle d’une valeur de
56 000 euros qui avait appartenu à Marie Stuart, la reine d’Ecosse.
Mais Elizabeth, certainement un peu fouillis avec ses affaires,
a laissé traîner la perle. Elle a servi de joujou au chien.
Maintenant, avec des traces de crocs, elle coûte beaucoup moins cher ...
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